© Dorothée Point
Depuis le XXe siècle, les artistes surprennent par leur inventivité formelle comme par les sujets abordés dans leurs œuvres. Aujourd’hui plus que jamais, l’initiation du public à l’art de notre époque reste un formidable défi à relever. En montrant et en expliquant la création actuelle, L’iselp contribue à la diffusion de la culture contemporaine et à la compréhension de notre présent à l’aide du regard porté par les artistes sur le monde d’aujourd’hui. Bienvenue à tous ! L’iselp est ouvert à toute personne curieuse d’art et de culture. Des spécialistes y réalisent toute l’année un travail de vulgarisation afin de rendre les sujets abordés accessibles à chacun, quel que soit son bagage culturel initial. Ni simplification abusive, ni jargon inutile mais un discours de qualité basé sur un partage généreux du savoir. Trois secteurs d’activités L’iselp réalise son objectif à travers trois secteurs d’activités centrés principalement sur les arts visuels, mais en ouvrant volontiers la programmation à l’architecture, le design, la mode, le théâtre, la danse, la musique, etc. dans leur rencontre avec les beaux-arts. Le pôle EXPOSITIONS d’abord montre tout au long de l’année le meilleur de la création contemporaine belge et internationale, en mettant particulièrement en avant la jeune création et les pratiques émergentes. Un programme varié s’y enchaîne : expositions monographiques, expositions collectives, résidences d’artistes, présentation d’œuvres vidéographiques, performances, concerts, etc. Ces événements sont fréquentés chaque saison par de nombreux visiteurs et leur inauguration attire toujours une foule importante. Le pôle MÉDIATION ensuite propose toute l’année une offre variée de cours, de séminaires, de conversations, de conférences et de projections. S’y ajoutent également des colloques, des festivals, des visites guidées, des excursions et des voyages culturels. Une importante action pédagogique hors les murs touche enfin les écoles et les lieux de formation continue. Ces différentes activités sont l’occasion de rencontres entre les théoriciens de l’art, les praticiens de l’art, les œuvres d’art et leur public pour un dialogue sur la création artistique en général et sur l’art contemporain en particulier. Plus de 600 auditeurs s’inscrivent chaque année à ces activités décodant l’actualité de la création. Le pôle RECHERCHE enfin offre aux chercheurs, étudiants, amateurs et curieux un centre de documentation consacré à l’art moderne et contemporain riche de 8000 livres et catalogues internationaux, 5000 dossiers et archives d’artistes belges, de même que plusieurs revues spécialisées. Un important fonds documentaire consacré aux questions d’art public vient compléter cette magnifique bibliothèque fréquentée annuellement par près de 500 lecteurs. On ajoutera que L’iselp édite également des ouvrages consacrés à l’art contemporain : catalogues d’exposition, monographies tirées de colloque, guides du visiteur et diverses brochures d’information. Une situation exceptionnelle L’iselp a la chance d’occuper à Bruxelles un site remarquable, classé par la Commission Royale des Monuments et Sites de la Région de Bruxelles-Capitale : les anciennes écuries du Palais d’Egmont sur le fameux boulevard de Waterloo du Haut de la Ville. Ce bâtiment classique construit en 1832 voit cette année l’achèvement d’un important travail de rénovation. Les activités de L’iselp peuvent désormais se répartir sur deux grandes salles d’exposition autonomes, une salle de projection vidéo et multimédia, une salle de conférence de 100 places, une bibliothèque et une salle de lecture. Trait d’union entre l’activité urbaine du quartier Toison d’Or et la détente du superbe Parc d’Egmont, L’iselp rencontre le flot des promeneurs arrivant des Portes Louise ou de Namur ou du Sablon par le Parc d’Egmont puis la ruelle pavée « Le Passage de Milan » de part et d’autre de laquelle se trouvent les deux ailes principales de notre bâtiment. Un magasin d’art et un café-restaurant Dès l’entrée principale de L’iselp, sur le boulevard de Waterloo, le visiteur pénètre dans un lieu où l’art et la gastronomie se tutoient. Un magasin d’art (« Rayon Art ») propose d’abord des créations originales prospectées tout au long de l’année par nos spécialistes dans les domaines des arts plastiques, du design, des arts du feu, de la joaillerie, du textile et du livre-objet. La boutique donne ensuite directement sur le café-restaurant (« Le Passage de Milan ») tenu par une équipe de professionnels de la restauration. Une adresse désormais incontournable où l’on peut déjeuner, goûter ou dîner du lundi au samedi, avec vue sur une des salles d’exposition de L’iselp. Un soutien des pouvoirs publics L’iselp est une asbl privée soutenue par les pouvoirs publics en raison de la qualité de son programme culturel et du dynamisme de ses activités. Le ministère de la culture de la Communauté française, la Commission communautaire française (COCOF) de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi que Wallonie-Bruxelles international (WBI) nous octroient aides et subventions de manière récurrente et conventionnée. Une place importante dans le paysage médiatique L’iselp bénéficié tout au long de l’année d’une couverture médiatique importante grâce à la mise en place d’un Pôle COMMUNICATION performant chargé des relations avec les journalistes et de la diffusion et la promotion de nos programme vers le public. Nos événements font l’objet d’articles dans la presse quotidienne et périodique ainsi que de reportages radiophoniques et télévisuels. Sans compter notre site internet conçu par un webmaster professionnel et notre page Facebook actualisée quotidiennement !
L'HISTORIQUE Un projet Fin des années 1960, Gita Brys-Schatan est interpellée par le public des conférences qu’elle donne sur l’art contemporain, à la recherche d’un lieu approprié pour participer à des séminaires et des rencontres réflexives sur cette matière. Elle tira le constat qu’il n’existait alors nulle part un centre spécifique dévolu à la création émergente alors même que « son langage (comme le langage en général) était en jeu et que le problème de la communication se trouvait à l’ordre du jour » . De plus, elle était convaincue que « l’art, l’oeuvre, la création, peuvent et doivent concerner un public plus vaste, plus libre, moins orienté que celui qui hante les vernissages ou autres événements à écho relativement limité ». La création d’un lieu où un public d’horizons variés pouvait accéder à une présentation pertinente du nouveau langage de l’art se révélait donc nécessaire à Bruxelles. La naissance de L’iselp répondait à une demande du public, fondée sur une lacune qu’il s’agissait de combler. Encore fallait-il concevoir en même temps qu’inventer une pédagogie adaptée à ces formes en pleine évolution. Gita Brys-Schatan était visionnaire sur ce plan, convaincue qu’ « il fallait que quelque part le substrat de l’œuvre et son approche perceptive fussent renouvelées », qu’il devenait « impérieux de re-situer l’art dans son contexte originel: la société, sa société. Et de l’appréhender désormais suivant des normes qui n’en seraient plus. C’est pourquoi il semblait pertinent de poser le problème du langage plastique au-dedans de la problématique de l’art ». Comme on vient de le voir, L’iselp est né d’une initiative privée, fondée sur une attente ressentie du public bruxellois dans le domaine des arts plastiques contemporains. Cette indépendance fut en définitive sa force, même si les débuts prirent de ce fait l’allure d’une véritable aventure sur le plan matériel, tant pour l’occupation de locaux destinés à accueillir le public que pour l’obtention des fonds nécessaires au bon fonctionnement du jeune institut. La ténacité de la fondatrice —soutenue par un Conseil d’administration et une équipe ne comptant pas ses efforts—, parvint heureusement à convaincre les pouvoirs publics du sérieux et de la pertinence de l’initiative . Il faut préciser que c’est l’époque où naît la Commission Française de la Culture de l’Agglomération de Bruxelles . Cette Commission fut créée afin de doter Bruxelles d’un outil culturel spécifique pour mener une politique originale, complémentaire à celle du Ministère de la Communauté française en matière culturelle. Or, L’iselp rencontrait dans son projet et ses objectifs tant la volonté de la Commission de mettre en place des structures et des services d’éducation permanente qui manquaient alors à Bruxelles, que le désir de contribuer indirectement au soutien des arts plastiques. Jean-Pierre Poupko, alors Président de la Commission, expliquait que « la rencontre du jeune Institut avec la jeune institution politique, en 1973, nous a convaincus qu’il y avait une possibilité de développer avec L’iselp un instrument culturel inédit, novateur, différent à la fois de l’enseignement de l’Histoire de l’Art, mais qui soit un lieu de diffusion, de réflexion et d’actions concrètes, telles que des colloques et des expositions —à propos des phénomènes plastiques de tous temps et de tous lieux, mais surtout de la création dans la réalité vécue d’aujourd’hui » . Ensuite, ce fut au tour du Ministère de la Culture de contribuer à l’effort mené par l’institut en lui accordant également un subside régulier. Jean-Pierre Poupko encourageait encore L’iselp à « devenir un lieu de réflexion largement tourné vers l’extérieur, en particulier vers l’étranger, en affirmant la portée universelle de l’Art, mais d’autre part s’insérer davantage dans la réalité sociale bruxelloise, en touchant des milieux qui ne sont généralement pas sensibilisés à ce problème ». C’est que L’iselp se voulait dès le départ non seulement un lieu d’étude de l’art contemporain mais aussi un point de rencontre entre artistes, public, spécialistes et amateurs, afin de provoquer une réflexion personnelle et active de la part des auditeurs, passant ainsi de l’éducation permanente à l’apprentissage culturel, dans le cadre d’une « université ouverte », sans diplôme ou examens. Il s’agissait de proposer au public des cours, des séminaires, des conférences et des débats animés par des théoriciens recrutés pour leur connaissance du sujet et leur capacité à transmettre avec évidence leur savoir, sans oublier un sens du dialogue avec leur auditoire. Mais il s’agissait aussi de favoriser la rencontre directe entre « le spectateur de l’oeuvre et son metteur en forme », si bien que L’iselp fut aussi dès l’origine un lieu d’échange —de l’expression d’une admiration à celle d’une opposition— entre les artistes et le public : « de ces rencontres, de ces face-à -face jaillissait fréquemment un contact vrai et une plus grande compréhension assortie d’une sensibilité renouvelée vis-à -vis de l’acte créatif ». Et naturellement, L’iselp proposa bientôt des expositions présentant l’art contemporain, en suivant —fidèle à son esprit— des fils conducteurs singuliers : « la politique de L’iselp en matière d’exposition était la suivante: attirer le public vers une manifestation artistique et le rendre conscient —nous rendre conscients— que tout phénomène esthétique implique des retombées dans la vie quotidienne ». Et au fil du temps se développèrent dans le même esprit des activités complémentaires aux cours et aux expositions : par exemple un festival du film d’art, des colloques internationaux, des visites de musées, des voyages culturels. On citera encore la création d’un Centre de documentation des arts contemporains composé d’un fonds bibliographique, de catalogues et de dossiers d’artistes, sans oublier une diathèque. Enfin, toujours sous l’impulsion de Gita Brys-Schatan —et avec une intuition dont la pertinence ne cessa depuis de se vérifier—, L’iselp porta son attention critique sur les questions d’art dans l’espace public. C’est la création en 1979 des Midis de l’art urbain et de l’Atelier Environnemental : des débats mettant en présence les acteurs concernés par les problèmes des arts plastiques dans l’environnement urbain et rural, par exemple plasticiens, architectes, urbanistes, échevins, pouvoirs de décision, étudiants des écoles d’art et grand public. Ce projet déboucha en 1989 sur la publication d’une revue du même nom, afin de permettre une diffusion et une discussion plus vaste sur base des études entamées par l’Atelier .
Un lieu C’est la même Commission Française de la Culture de l’Agglomération de Bruxelles qui permit à L’iselp de s’installer dès 1975 dans un lieu à la mesure de ses ambitions : les anciennes écuries du Palais d’Egmont (érigé au XIXe siècle), propriété de la Ville de Bruxelles, ont été prises en location et rénovées par la Commission —qui apportait, rappelons-le, les premiers subsides nécessaires à la conduite du projet culturel. Depuis lors, l’histoire de L’iselp est liée à ce lieu magnifique sis au n°31 du boulevard de Waterloo et jouxtant le Parc d’Egmont, dont l’ensemble est désormais classé au registre du Patrimoine grâce à la Commission Royale des Monuments et Sites. Une salle de conférences, souvent convertie en salle d’exposition, fut aménagée dans une moitié du corps principal côté Parc, avec des locaux pour l’accueil du public et de l’équipe. En 1999 s’ouvre un nouveau chapitre architectural quand s’achève une rénovation ambitieuse menée cette fois par le Ministère de la Communauté française —qui, nous l’avons vu, apporta rapidement lui aussi son aide à L’iselp. Ces travaux, qui concernaient cette fois tout le bâtiment, permirent d’ouvrir les portes de l’institut directement sur le boulevard et d’offrir à un public élargi une nouvelle salle de conférences, une grande salle d’exposition, une librairie d’art, une galerie d’art et un café-restaurant. On aménagea aussi des locaux pour une équipe renforcée ainsi qu’un Centre de documentation associé à celui de l’ancien Centre d’Art Contemporain de la Communauté française, désormais géré par l’institut sur le site de la rue des Nerviens, face au Parc du Cinquantenaire. La Ville de Bruxelles accordait alors un bail emphytéotique à la Communauté française qui met depuis ce lieu patrimonial à la disposition de L’iselp. En 2011, c’est toujours grâce à la Communauté française en tandem avec le même bureau d’architecture que L’iselp inaugure pour ses 40 ans plusieurs nouveaux espaces, rendus disponibles par la rénovation du second bâtiment des écuries, en vis-à -vis du corps principal. Cette extension nous permet de disposer d’une nouvelle salle d’exposition, qui se veut ouverte non seulement aux arts plastiques, mais aussi à d’autres disciplines artistiques, telles que la musique, la performance ou la danse. En mezzanine de cette salle, se tient désormais la nouvelle salle de lecture de notre Centre de documentation, dont la bibliothèque —rassemblant enfin les fonds du boulevard de Waterloo et de la rue des Nerviens dans un espace adapté— occupe toute la superficie des combles. Entre les deux ailes qui composent désormais l’institut, prennent place de nouveaux bureaux pour une partie de l’équipe. Cette extension permet en outre la réaffectation des anciens locaux du centre de documentation de L’iselp en une salle de présentation d’œuvres vidéographiques ou numériques, adaptant ainsi nos surfaces d’expositions aux nouvelles modalités de présentation d’un registre d’expression traversant désormais l’ensemble des arts visuels. L’espace d’accueil sur le boulevard est maintenant associé à une boutique de créateurs, présentant des objets originaux en design, joaillerie, céramique, textile et livres d’artistes, tandis que le café-restaurant accueillera chaque année, durant 12 mois consécutifs, l’intégration artistique conçue par le lauréat d’un concours adressé à la jeune création.
Voir aussi... Voyage culturel à Berlin...ARCHITECTURE, MUSÉES ET CENTRES D’ART CONTEMPORAIN À BERLINDu jeudi 29 mars au dimanche 1er avril 2012
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